Première boisson fermentée de l’histoire, à base d’orge, appréciée car l’eau était souvent contaminée. Son aromatisation au houblon qui est un bon conservateur, date de bien plus tard. La bière était déjà connue des Sumériens qui l’appelaient sikaru (pain liquide). Sa fabrication fut développée en Égypte, en Gaule, puis dans les abbayes.
On la trouve, selon les langues, dérivée de 5 racines différentes de l’IE:
- Bews/bhreu/bhrutom (gonfler) qui se réfère au processus de fabrication (levure, d’où aussi l’anglais bread, pain): français (bière), hindi (beeyar), grec (byra), bengali (bijara), kurde (bîra), écossais (beoir), italien (birra), islandais (bjór), irlandais (beoir), albanais (birrë), roumain (bere), bulgare (bira), luxembourgeois (beier),… Selon J. Lacroix, ce serait l’origine de Brest.
- Helu/Alu(t) (amer) qui se réfère au produit fini: letton et lituanien (alus), suédois (öl), danois et norvégien (øl), anglais (ale), ancien français, notamment chez Rabelais (ale). En gaulois, alutinos (brasseur) et alus (consoude, plante amère).
- Yuhr (liquide, eau): arménien (garejur).
- Peh (boire, d’où potion) : langues slaves (pivo, piv, pywo, piiv, piva, pývo)
- Kher/kwep selon certains (mélanger, cuire, chauffer), et selon d’autres ker qui a donné croître, céréale et Cérès, déesse des moissons: français (cervoise et corme), gallois (cwrf/cwrw), gaulois (cervesia/keruisia/curmi/corma), latin (cerevisia), espagnol (cerveza), portugais (cerveja), galicien (cervexa), breton (koref, korff, korma, kourmi), vieil irlandais (cuirm).
