Naphte, napalm, bitume, béton, asphalte. Naphta est le nom grec du pétrole et du bitume. Il vient du mésopotamien naft (akkadien naptu) via le persan neft (poix, enduit) et/ou l’araméen nephta, et au-delà peut-être d’Égypte. En Mésopotamie, le pétrole suintait entre les roches et flottait sur les eaux. L’étymologie de pétrole est d’ailleurs huile de pierre. Plutarque écrit que quand Alexandre le Grand est arrivé à Kirkouk (aujourd’hui en Irak) vers -331, il fut étonné de voir des flammes sortir de terre en continu (probablement du gaz naturel). Dès le paléolithique le pétrole brut et visqueux servit à cimenter les blocs de pierre, calfeutrer les bateaux, et s’éclairer avec des torches. Selon la Genèse (11, 3), les descendants de Noé assemblaient des briques (sèches) avec du bitume (d’où vient le mot béton) qui fut aussi utilisé pour la tour de Babel comme les archéologues l’ont découvert à Babylone. Le livre de l’Exode (2, 3), dans le passage relatif à Moïse, relate qu’une femme de la tribu de Lévi, ne pouvant cacher son enfant, le mit dans une caisse enduite de bitume et de poix, et le confia au Nil. Le pétrole qui fait aujourd’hui la richesse du Moyen-Orient, a sans doute contribué à la naissance de la civilisation mésopotamienne. Plus tard, les Grecs byzantins se sont servi du bitume pour les «feux grégeois» (grecs), projectiles incendiaires flottant sur l’eau et incendiant les navires assiégeant Byzance. Aujourd’hui, on appelle naphte un solvant dérivé du pétrole. Le mot-valise napalm, gel incendiaire, se compose notamment de naphte et d’acides naphténique et palmitique. Après aphérèse (suppression de la première syllabe), naphte donne les phtalates utilisés dans les cosmétiques ou pour assouplir les plastiques. La naphtaline, hydrocarbure solide obtenu par John Kidd en 1821 au départ de goudron de charbon, servait d’antimite quand beaucoup de vêtements étaient en laine. Les officiers qui ont repris du service après leur captivité en Allemagne en 1940-45 ont été appelés officiers-naphtaline, car leur uniforme avait gardé longtemps cette odeur persistante. Asphalte viendrait du grec asphaltos composé de a (ne pas) et sphaltès (qui fait chuter), l’asphalte stabilisant les constructions. Certains évoquent une origine sémitique. Bitume vient du latin bitumen (arbre à résine), issu de l’osque ou de l’ombrien, ou selon Pline du gaulois betulla (résine), diminutif de betu (bouleau, arbre à résine).
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