Deux, bi(s). Le nombre deux vient de l’IE (dwo, dwi, duwoh) qui semble apparenté à wi/widh (séparé en deux), et qui a donné en latin vidua, en sanskrit vidhava, en russe vdava, en polonais wdowa, en portugais viuva et en anglais widow (veuve), et en latin dividere (diviser). La racine IE s’est maintenue comme tous les noms de nombre dans l’ensemble de l’aire IE: dvis (paléo-latin), duo (latin et grec), doe, dwi ou dwa selon les genres (gaulois), dui (bengali), duya (hittite), dy (albanais), dous (galicien), dus (osque), du (kurde, tadjik et lituanien), divi (letton), do (persan, hindi et dari), dvau (sanskrit), dheyh (dhivedi des Maldives), dva (avestique, russe, tchèque, ukrainien et polonais), daj (anatolien), dwaj (haut-sorabe), doa (pachto), doi (piémontais et dalmate), tbi (lydien), twai (gotique), two, twelve, twenty (anglais), tweeë (bas saxon), twee (néerlandais), två (suédois), tvö (islandais), twa (frison), twai (gotique), zwei (allemand),… L’IE dwis(ie) (deux fois) a donné twiskaz en vieux germain d’où tussen en néerlandais, bydwo puis between en anglais, di- en grec d’où diode, diphasé, dilemme (de lemme, argument), dichotomie (temnein, couper), diphtongue (deux voyelles), diplôme (document plié en deux), dupliquer, duplicité, diptère (pteros, aile), diptyque (deux tablettes). En latin, le préfixe duis a donné bi ou bis, d’où par exemple biscuit (cuit deux fois), biner (travailler la terre une deuxième fois), combin(aison/er) (accoupler deux éléments), bicéphale, biennale, bicaméral, bicorne, bigame, binaire, bilingue, bissextile (bis sextus dies ante kalendas, avant les calendes de mars en 45 av. J.-C. dans le calendrier julien décidé par Jules César, et en vigueur jusqu’au calendrier grégorien de Grégoire XIII en 1582),... En grec amb(ho) (des deux côtés), d’où amphore (porté des deux côtés) ambivalent et amphibie. Autres dérivés: duo, duel, double, doublure, balance (de bi et lanx, lancis, plateau de balance), deutérium (atome d’hydrogène avec deux neutrons), deutéronome (du grec deuteros nomos, deuxième loi), doute(r) et redou(ter/table) (du latin dubitare, douter, hésiter entre deux solutions et dubius, douteux). En sanskrit védique dvayam (faux).
« Retour à l'index2
« Retour à l'index