Redoublement

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Le redoublement de la consonne de la première syllabe existait déjà en IE, par exemple kwekwl (roue) à l’origine du grec kuklos (cercle, cycle). On le trouve dans le langage familier (bonbon, gaga, guéguerre, mémé, papa, tonton), dans un but intensif (viens viens), ou pour marquer le pluriel ou la répétition: en chinois yi tian yi tian (jours), en malais rumah rumah (groupe de maisons), en sanskrit varvati (se tourner souvent). Dans certaines langues, la répétition de la première consonne suivie de la voyelle E, est l’une des marques du passé grammatical (en latin perfectum: parfait, accompli) ou suivie de la voyelle I (imparfait), héritée de l’IE, et à ne pas confondre avec l’augment e- de l’imparfait (voir Augment). Exemple IE: bebhora (j’ai mis au monde). Voir aussi:

  • En grec ancien: graphein (écrire) -> gegraphô (j’ai écrit), klineinkeklina (j’ai incliné), pheúgein (fuir) → pé-pheu-ga, j’ai échappé). La consonne aspirée ph est redoublée en p non aspiré (loi de Grassmann).
  • En latin: présent dare (donner) → parfait dedit, (il donna), en ombrien dede et en osque dedet. De même, caderececidit (tomber), caederececidit (couper), morderemomordi (mordre), tangeretetingi (toucher, atteindre), fallere -> fefelli (tromper).
  • En sanskrit: présent stau-ti (il loue) → parfait tu-ṣṭāv-a (il a loué).
  • En gotique: présent háit-an (nommer) → prétérit haí-háit (j’ai nommé).
  • En longobard germanique d’Italie: dedun (firent), cfr doen en néerlandais et do en anglais.
  • En gaulois : présent sedet (il s’assied) → prétérit sesede (il s’assit).

Quand le redoublement se fait avec la voyelle I, il indique une action en train de se développer, par exemple stare (être debout) -> sistere (placer, poser, consolider) d’où en français insister, assister, consister, etc.

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