Si nous avons en français trois lettres pour le même son (C, K, Q), sans compter CC, CK, CQ et CH, c’est que notre alphabet latin vient de l’étrusque, et ce qui explique aussi que le Q soit suivi d’un U, sauf à la fin de deux mots (coq, cinq) et dans certains mots étrangers (Qatar, burqa). Le C étrusque est un arrondissement du gamma grec (Γ). Cette origine commune explique que le C et le G qui en est dérivé avec une barre ajoutée pour les différencier au IIIème siècle av. J-C, ont une même particularité: se prononcer différemment selon la voyelle qui suit. En latin, on trouve encore à la fois Caius et Gaius. Plus de 2.000 ans après, nous devons ça aux Étrusques ! Leur alphabet comportait trois lettres pour trois variantes du son K, qui requièrent trois positions différentes de la bouche[1]. Devant A, il y avait K prononcé au fond de la gorge avec la bouche ouverte. Devant E et I, il faut une bouche plus fermée et le son, un peu différent, était écrit C. Enfin le Q (initialement Ϙ) précédait la semi-voyelle U pour une prononciation KW, très fréquente en IE, transcrite QU en latin puis en français où le U ne se prononce plus guère (qui, qualité), sauf dans piqure (anciennement piquure puispiqûre), et quelques mots savants qui conservent comme une relique la prononciation KW (aquatique, équilatéral, quartz, Équateur et les mots commençant par SQU comme square et squame). Beaucoup de langues ont conservé le KW de l’IE. En néerlandais kwaliteit. En letton kvalitāte. En lituanien kvartalas (quartier). En italien et en portugaisquando. En gascon quaté (quatre). En allemand Quelle (source). L’ancien grec a longtemps conservé la lettre qoppa (Ǫ) devant le A en plus du kappa (K). De nombreux C latins sont devenus CH en oïl puis en français, par exemple canis -> chien, mais chèvre coexiste avec caprin.
[1] On trouve la même variété dans les langues sémitiques qui sont riches en gutturales. L’araméen avait trois H, deux G et un K. L’arabe a trois K, trois H, et notre CH.
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