Orange, orang(é/eade/erie). Du tamoul via le sanskrit naranga(s). De là, en persan narang, en arabe puis en arabe andalou naranjah. En vénitien naranza. En croate naranča. En italien arancia. Le français a perdu le N initial, à cause d’une confusion avec l’article indéfini (une norange). Les Portugais ont popularisé l’orange douce laranja (Citrus sinensis), originaire de Chine, tandis que l’orange répandue par les Arabes via l’Espagne était l’orange amère d’Inde (Citrus aurantium). L’arabe distingue نارنج (nāranʒ, orange amère) et برتقال (burtuqāl, orange douce). En grec moderne πορτοκάλι (portokáli), en albanais, bulgare et macédonien portokal. En roumain portocală. En azeri portağal, en persan- پرتقال (porteqâl). En napolitain purtuallo. D’autres langues sont parties du pays d’origine de l’orange douce. En espagnol de Porto Rico, l’orange douce est appelée Chine. En néerlandais sinaasappel (pomme de Chine), en allemand Apfelsine (pomme-Chine) ou Appelsien suivant les régions, d’où en letton apelsīns, en danois et norvégien appelsin, en suédois et russe apelsin. En lituanien apelsinas pour le fruit et oranžinis pour la couleur. De même en letton apelsins et oranžs. Les navigateurs portugais, espagnols et arabes ont planté des agrumes le long de leurs routes, pour se prémunir du scorbut. Lors de son deuxième voyage (1493) Christophe Colomb a apporté des semences de citron et d’orange d’Haïti. D’autres en ont apporté en Floride en 1513. La ville d’Orange a une autre origine: Arausion au premier siècle, nom d’origine incertaine. Pour certains, la ville, située sur le Rhône, était un lieu de transit des importations d’oranges. Au Moyen Âge, Orange devint une principauté du Saint-Empire romain germanique. Le hasard des mariages et des successions l’offrit en 1544 à Guillaume Ier de Nassau, dit le Taciturne, qui deviendra Stathouder des Pays-Bas en 1559, d’où le nom Orange-Nassau. L’annexion de cette principauté à la France date du traité d’Utrecht (1713).
