Ñ

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Le tilde fut d’abord une abréviation des moines copistes pour gagner de la place car le parchemin était cher[1]. Le double NN s’est écrit Ɲ, N̅ puis Ñ en espagnol. Ainsi, doña vient de donna en passant par don̅a et doɲa. En français médiéval, le tilde a remplacé M ou N, par exemple dans religiõ, dõt (dont), (bien), etc.  Dans La Chanson de Roland (1080), cum (avec) s’écrit cũ, le tilde étant une forme simplifiée et arrondie du N. Il s’emploie aujourd’hui en espagnol, en breton, en quechua, en wolof et en malgache. Pour Ɲ en alphabet phonétique international, voir G.

Extrait de La Chanson de Roland Co niert diſt gueneſ tant cũ uiuet ſiſ niéſ· Nat tel uaſſal ſuz la cape del cięl.  (N. B. Le Ę est mis pour la diphtongue AE venant du latin caelum).   Transcription avec cédille, ponctuation, majuscule et nouvelle graphie du S et du V: Ço n’iert’, dist Guenes, tant cum vivet sis niés; N’at tel vassal suz la cape del ciel.   En français actuel: Ça n’ira pas, dit Ganelon, tant que vive son neveu; il n’est tel vassal (que lui) sous la chape du ciel.

[1] Certains contestent ce motif en objectant la place perdue par les marges, mais celles-ci servaient à la fois à des notes, et à sauvegarder le texte de l’attaque des bords par des rongeurs. Les abréviations étaient déjà employées par les Romains. Pour ses plaidoiries, Cicéron avait même formé certains de ses esclaves à prendre note dans une forme de sténo, comme son secrétaire Marcus Tullius Tiron, esclave affranchi qui a donné son nom aux notes tironiennes. Tiron s’est inspiré d’un système créé par Xénophon pour transcrire des dialogues de Socrate.

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