Cédille

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Pour que le C rende le son S (ou parfois TS) devant E et O, l’Espagne wisigothique a inséré un Z derrière le C. Au XIème, on a souscrit ce Z appelé zedilla (petit Z). Le Z s’écrivait alors Ʒ etlancʒa (lance) est devenu lança. En français, l’usage de la cédille date officiellement de 1531. Elle a été introduite par l’imprimeur et humaniste Geoffroy Tory, un personnage clé de la Renaissance française qui souhaitait faire coïncider l’écriture avec la prononciation. Avant cela, mais encore Montaigne en 1580, on ajoutait un E non prononcé après le C, comme après le G. On écrivait donc cea (ça), receuë (reçue) et émeuë (émue). Ce E non prononcé a subsisté comme une relique dans douceâtre jusqu’à la réforme de l’orthographe en 1990 (douçâtre). En catalan, ç peut finir un mot (feliç, Lorenç). Dans la Cantilène de Sainte Eulalie (vers 880), on trouve aussi ce Z, comme en Espagne dans czo (vers N° 21 et 22).

A czo noſ uoldret concreidre li rex pagienſ. Ad une ſpede li rouer et toilir lo chief.
Traduction : «À ça, le roi païen ne voulut pas concéder. Avec une épée, il ordonna de lui couper la tête».

Ce texte montre aussi l’ancienne forme du S et le fait qu’on n’a pas encore différencié le U du V. La cédille a été abandonnée en espagnol au XVIIIème siècle, mais avait été reprise en français au début du XVIème, et le fut aussi en catalan, occitan, portugais… et turc. En roumain, la cédille a gagné d’autres lettres. Le son TS s’y marque avec une cédille sous le T (Ţ), tandis que le son CH s’écrit Ş.

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