Club

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Voilà un anglicisme beaucoup plus ancien que les Anglais puisque ce mot remonte à des tribus peuplant la Scandinavie avant l’arrivée des Indo-Européens. Il a été repris en vieux norrois puis en suédois klubba (gourdin, masse épaisse) et en anglais club, avec le même sens. Ensuite, on passe par un fameux chemin de traverse, à savoir le jeu de cartes italien et espagnol d’origine mamelouke, dont le trèfle, l’une des quatre «couleurs» actuelles avec pique, cœur et carreau, était initialement un bâton. Il s’appelle encore de nos jours bastoni en italien, bastón en espagnol et pau (pal) en portugais. Les cartes représentaient donc des gourdins, des bâtons ou des sceptres. Lorsque les cartes à jouer sont arrivées en France au XVème siècle, les imprimeurs, notamment à Rouen et Paris, ont orné le bâton d’un feuillage, simplifié ensuite en trèfle. Les Anglais ont importé les cartes françaises avec le trèfle vers 1560, mais ont conservé le nom du bâton (club). L’Espagne et le Portugal ont, eux aussi, conservé à la fois le dessin du trèfle et le nom d’origine (bastón et pau). Parfois, on a maintenu un gourdin à côté du trèfle (voir ci-dessous à droite). Le glissement sémantique du mot club vers «groupe de membres» se fit par étapes. Le vieux-norrois klubba désignant une masse épaisse, avait aussi donné l’anglais clump (bloc, bouquet d’arbres). Par extension, to club a signifié (se) réunir, rassembler. Quand des convives regroupaient leur écot pour payer l’addition, cela s’appelait to club (together). Par métonymie, ces groupes ont fini par s’appeler club, comme le Mermaid Club de Shakespeare, puis le modèle anglais s’est exporté en France avec les clubs politiques comme celui des Jacobins, désormais loin du gourdin originel, qui survit cependant dans les clubs de golf, bâtons frappant la balle.

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